Euthanasie, soins palliatifs, deuil

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Euthanasie, soins palliatifs, deuil

Messagepar Swallikorn » 08 Mar 2010, 19:43

Bonjour à tous!

Comme promis, j'ouvre un post sur la fin de vie des animaux afin que ceux qui le souhaitent puisse partager leur expérience, leur point de vue et débattre des différents solutions qui nous sont proposées quand la vie approche de sa fin.

Ce post peut aussi servir à parler des différentes phases du deuil par lesquelles nous passons, ou simplement pour pouvoir parler de nos émotions vis-à-vis de la vieillesse et du départ de nos animaux.

Comme littérature, je vous conseille ces deux livres qui sont particulièrement appropriés et très bon marché.

Quand l'animal s'en va, Dr. Marina von Allmen-Balmelli
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Accompagner son animal vieillissant, Martine Golay Ramel
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Ainsi que les articles suivants :
- Euthanasie, mort du lapin
- Soins aux malades chroniques
- L'Envolée, site sur le deuil

Merci de rester mesuré et de ne pas juger les autres. Nous avons chacun notre sensibilité et nos expériences et le but de ce post est de pouvoir partager et échanger dans le respect de l'autre :good:
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Re: Euthanasie, soins palliatifs, deuil

Messagepar Swallikorn » 08 Mar 2010, 19:56

Je voulais en particuliers parler des 10 points (du livre de Mme Von Allmen) qui permettent de d'évaluer la qualité de vie de l'animal et si l'euthanasie serait à envisager.

Il peut être utile de faire une feuille d'évaluation. A cette fin, je vous propose quelques questions que vous pouvez vous poser pour évaluer la qualité de vie de votre animal et le bien-fondé d'une euthanasie :

1° L'animal a-t-il de grande difficultés à respirer ?
2° Gémit-il une grande partie de la journée sans jamais trouver le sommeil ?
3° Est-il atteint d'une tumeur incurable qui le fait souffrir ?
4° Souffre-t-il d'une affection que votre vétérinaire est incapable de soulager totalement ?
5° Est-il incapable de boire et de manger par lui-même ? Refuse-t-il toute nourriture et boisson ?
6° Est-il incapable de faire ses besoins sans l'aide d'une tierce personne et/ou est-il définitivement incontinant ?
7° Est-il incapable de se déplacer de lui-même ?
8° Montre-t-il des troubles du comportement (désorientation, exploration du territoire diminuée ou abandonnée, troubles du sommeil, agressions) ?
9° A-t-il diminué ou arrêté les prises de contact avec vous ou ses congénères ?
10° A-t-il un regard "triste", "vide" ou "plein de reproches" ou l'air de "vouloir vous dire qu'il n'en peut plus" ?


Si vous avez des réponses affirmatives à une ou plusieurs de ces questions, non pas sur un court terme, mais en ce qui concerne le restant des jours de votre animal, il est temps d'envisager sérieusement d'abréger les souffrances de votre compagnon par l'euthanasie.
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Re: Euthanasie, soins palliatifs, deuil

Messagepar 3lapinoux » 08 Mar 2010, 20:20

Je pense que se poste peut aider pour les personnes qui se pose la question de l'euthanasie, le petit questionaire à la fin personelement me conforte dans le choix que j'ai pris réçament.
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Re: Euthanasie, soins palliatifs, deuil

Messagepar flockyogi » 08 Mar 2010, 20:29

Tout à fait d'accord, les questions sont bien posées. C'est vrai que je ne m'attendais pas à des points aussi précis, et du coup il y a quelque chose de rassurant. Pour avoir pris aussi plusieurs fois la décision pour mes animaux, quand je lis ça déjà, ça m'aide beaucoup à situer dans quel état ils étaient.
Se poser ces questions, ça permet d'y réfléchir avec les idées claires, parce qu'elles vont droit au but, ce que l'on n'arrive pas forcément à faire dans ces moments, la prise de distance est difficile, on n'arrive souvent pas à évaluer la situation de manière objective, en pensant uniquement à l'animal et à son bien-être, s'il en reste, et pas seulement à sa propre envie de le garder, de se faire croire qu'il est encore là parce qu'il veut rester avec nous, se battre. Parfois, il faut aussi lâcher prise, mais il faut être capable de juger de ce moment, de le sentir. Je n'ai pas lu le livre mais j'imagine qu'il aide beaucoup en cela, je le lirai dès que j'en ai l'occasion!
Je trouve que ces points peuvent aussi aider ceux qui n'arrivent pas à se faire à la décision prise, qui culpabilisent, même longtemps après. Ca aide à comprendre et en plus, c'est écrit par une vétérinaire, donc le message est très crédible.
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Re: Euthanasie, soins palliatifs, deuil

Messagepar Gribouille » 08 Mar 2010, 22:03

Bravo pour ce post :good: L'intitulé me fait particulièrement plaisir: on parle encore trop peu de soins palliatifs pour les animaux sur les forums. C'est super.

Les deux petits bouquins sont très bien, et à lire même bien avant que la question ne se pose concrètement, je pense. Je les ai prêtés à plusieurs collègues au boulot, qui les ont aussi trouvés très bien. A mettre entre toutes les mains ;)
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Re: Euthanasie, soins palliatifs, deuil

Messagepar Sunniva » 08 Mar 2010, 22:17

Oui, bonne idée... ! Cette question me "turlupine" aussi.
J'ai juste cru à une mauvaise nouvelle en lisant le titre... :shock:
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Re: Euthanasie, soins palliatifs, deuil

Messagepar toto » 09 Mar 2010, 00:51

C'est très bien de créer un post sur ce sujet car comme vous avez pu vous en rendre compte, après 3 ans et demi, je n'arrive toujours pas à faire mon deuil de mon Charly tant un sentiment de culpabilité me submerge et je ne sais pas pourquoi. Enfin je pense le savoir à moitié, j'ai eu un vétérinaire qui l'a mal soigné et qui me l'a tué à petit feu, je n'avais pas internet et j'étais perdue face à la souffrance de mon petit bonhomme et j'ai fait confiance à un incapable et ça je ne peux pas me le pardonner surtout après les études que j'ai faites et après avoir travaillé en tant qu'infirmière dans un service d'oncologie. J'ai d'ailleurs dû changer de voie car je ne tenais pas le coup moralement car je suis extrêmement sensible et je prenais toute la douleur sur moi. C'est cet aveuglement vis-à-vis de Charly qui me poursuit et je pense que j'ai pris trop tard ou trop vite la décision, en fait je ne sais pas... J'ai été si mal épaulée lors de cette euthanasie.


Je suis perdue. Pourtant ce n'était pas la première fois que j'avais recours à l'euthanasie pour un de mes petits compagnons, j'ai eu mal et puis j'ai réussi à faire mon deuil pour chacun d'entre eux. Maintenant je pense à eux avec amour et tendresse. Mais avec Charly c'est différent, je ne me rappelle que les jours précédant sa mort et son agonie. C'est un sentiment affreux. Cela est peut-être dû à la relation fusionnelle que j'entretenais avec lui. Sûrement...



Je n'ose pas imaginer devoir un jour reprendre cette décision, cela me hante surtout que j'entretiens la même relation avec Tommy.



Pour le moment, mon chat a de graves problèmes de santé, on lui fait des examens et il est hospitalisé et j'ai peur... Peur de ce qu'on va me dire, peur de devoir prendre une décision, peur de me conduire comme une égoïste, peur d'être lâche et de déléguer toutes mes responsabilité à Alain (mon compagnon).



Enfin, est-ce la situation pénible que je vis avec mon petit chat mais pour le coup j'ai pas tellement le moral. *!pleur2!* .
J'ai honte de m'être épanchée de cette manière :oops:
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Re: Euthanasie, soins palliatifs, deuil

Messagepar Lilith » 09 Mar 2010, 08:21

Non ma belle, n'aie pas honte! Pas de honte à avoir entre nous!!


Je pense que tu as déjà entendu toutes les formules consacrées sur le fait que tu ne doives pas culpabiliser pour Charly et pas t'inquiéter à l'avance pour Tommy et ton chat.



Je vais donc me contenter de te souhaiter beaucoup de courage dans cette période difficile et t'assurer de tout mon soutien. je t'embrasse, garde le moral!
Lilith

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Diego, chat qui se prend pour un lapin.

Toki et Eve, mon premier couple de lapins réunis au pays de l'arc-en-ciel. <3

Vous êtes sur un forum d'entraide et de partage. Pourquoi ne pas rester un peu parmi nous après avoir obtenu la réponse à votre question pour partager à votre tour votre expérience?

N'achetez pas! Adoptez!
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Re: Euthanasie, soins palliatifs, deuil

Messagepar Charrch » 09 Mar 2010, 08:35

Toto,


il n'y a pas à avoir honte, je ne me suis tellement pas remise du brusque départ d'Atilla dans mes bras que je ne veux plus d'animaux à moi à part mon chat, dont il m'est impossible de me passer.

Elle a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase en matière d'affrontement de deuil.

Le fait d'avoir perdu mon chat un an avant et d'avoir partagé 4 années avec lui, sa leucose et son diabète m'a aussi beaucoup poussée dans cette décision.

Quand ceux qu'il me reste partiront, je ne serais plus que FA pour les lapins ou les cobayes.



Concernant la culpabilité, ChrisJosh avait trouvé un très beau texte qui l'expliquait très bien:

http://pagesperso-orange.fr/soutienperteanimaldomestique/texte5.htm



Pour ma part, je suis persuadée maintenant que quand l'animal se laisser vraiment mourir en refusant toute nourriture, c'est LE signal décisif, parmis tous les autres symptômes. C'est ma limite d'acharnement je crois. Sur les chats en particulier (puisque c'est l'espèce que je connais le mieux pour les avoir pratiqués plus de 30 ans (aie j'ai mal à mon âge)), c'est très flagrant quand ils lâchent la rampe.
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Re: Euthanasie, soins palliatifs, deuil

Messagepar Gribouille » 09 Mar 2010, 09:57

toto a écrit: Enfin je pense le savoir à moitié, j'ai eu un vétérinaire qui l'a mal soigné et qui me l'a tué à petit feu, je n'avais pas internet et j'étais perdue face à la souffrance de mon petit bonhomme et j'ai fait confiance à un incapable et ça je ne peux pas me le pardonner surtout après les études que j'ai faites et après avoir travaillé en tant qu'infirmière dans un service d'oncologie. J'ai d'ailleurs dû changer de voie car je ne tenais pas le coup moralement car je suis extrêmement sensible et je prenais toute la douleur sur moi. C'est cet aveuglement vis-à-vis de Charly qui me poursuit et je pense que j'ai pris trop tard ou trop vite la décision, en fait je ne sais pas... J'ai été si mal épaulée lors de cette euthanasie.


Je me permets juste... Il ne faut pas oublier que, véto compétent ou pas, nous sommes tous confrontés à l'éventualité d'une erreur ou de soins inappropriés avec nos lapins... Et donc potentiellement à ce sentiment de culpabilité. Comme mon véto le répète très souvent, en matière de lapins de compagnie, ça reste encore expérimental (le premier médicament spécial "NAC" a été agréé en France il y a quelques semaines seulement). Tant qu'on reste dans les sentiers battus des pathologies les plus fréquentes, les vétos spécialisés ont de bons résultats. Mais dès qu'il s'agit d'une pathologie peu fréquente, ça devient plus risqué, car ils ont peu de retour d'expérience et testent des traitements. Ce n'est pour autant qu'il ne faut pas faire confiance au véto, bien au contraire. En tant que propriétaire, le plus dur c'est de savoir quand il faut changer de véto, avec ce paramètre, parce qu'on estime qu'il n'est pas compétent ou qu'il ne se démène pas assez. Très difficile à juger, car nous avons rarement toute l'info et parce que nous sommes fragilisés par la maladie de notre lapin, et dans l'affectif. Et il est difficile de comparer ce qui se fait pour les humains et pour les lapins (ma mère, qui est aussi dans le milieu médical, a beacoup de mal à l'accepter, et ça l'énerve souvent quand je lui parle de la santé de mes lapins), tant l'écart est grand. A force de passer mon temps à la clinique, j'ai souvent entendu les vétos parler des risques d'un traitement, de la difficulté d'un diagnostic, etc. Mais en face, il est très fréquent que le propriétaire ne veuille pas entendre ou comprendre... Et ça m'est arrivé aussi, évidemment. On va voir le véto pour qu'il guérisse notre lapin, et on a toujours du mal à entendre autre chose. Le problème, c'est que quand ça se finit mal. Dans la recherche des causes du décès, tout y passe: ce qu'on a fait ou pas, ce que le véto a fait ou pas, les traitements sélectionnés et leurs effets. Surtout qu'on trouvera toujours des personnes ou des articles qui parlent d'un autre médicament, d'autres soins pour une maladie qui nous "semble" être la même. On est confronté à un sentiment d'échec, d'incompréhension et surtout de grosse culpabilité, d'autant plus qu'avec les animaux, les propiétaires participent activement aux soins: c'est donc aussi notre faute. Mais comme cela a été dit dans un autre post, il n'y a pas de risque zéro en médecine vétérinaire, et s'agissant des lapins, il y a toujours des risques hors des sentiers battus.

Après, évidemment, il y a des vétos plus ou moins compétents en matière de lapins, qui ont plus ou moins d'expérience, des vétos qui reconnaîtront plus ou moins facilement que, pafois, ils hésitent ou ne savent pas, et des vétos qui ont un contact humain plus ou moins facile avec leur clientèle... Tu n'as pas eu l'impression de tomber sur un bon véto, et le sentiment de culpabilité est d'autant plus fort. Mais au moment où tu as eu recours à lui, avant le décès de ton loulou, je suis certaine que tu as eu le sentiment de faire ce qu'il y a de mieux, et c'est ça le principal: tu avais, moralement, une obligation de moyens et non une obligation de résultat vis-à-vis de ton lapin; et hors du plan moral, c'était la même obligation qui s'imposait à ton véto, qui a sans doute fait ce qu'il pouvait, avec ce qu'il était, à un moment donné. Evidemment, on peut se dire "si" j'étais allée voir un autre véto, un véto plus connu, plus compétent... Mais rien ne garantit que ce dernier véto aurait fait mieux. Regarde, avec mon véto: tu connais une personne qui ne l'apprécie pas et qui ne le juge pas suffisamment compétent. A une époque, elle m'a vivement encouragée à aller voir un autre véto, en raison de la mauvaise expérience qu'elle avait eu avec lui. Comme quoi, tout est relatif, en matière de ressenti et d'expérience. Il faut toujours faire raisonnablement confiance à son véto, sans toutefois attendre tout de lui, sinon il ne parviendrait pas à soigner notre lapin. Tu ne peux pas t'en vouloir d'avoir fait confiance à ton véto.

Tout ça pour essayer de t'aider... Bises
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Re: Euthanasie, soins palliatifs, deuil

Messagepar Charrch » 09 Mar 2010, 10:31

Entièrement d'accord avec Gribouille.


Mon ancien véto m'avait dit, lorsque j'ai fait faire l'autopsie d'Atilla, que c'était important aussi pour lui ce genre de démarche:

tout tenter pour les soigner, donc tenter des traitements un peu différents, faire une autopsie quand on a échoué, car c'est ça qui fait avancer la connaissance aussi et qui servira d'autres animaux à terme.

Sur ces animaux, les vétos doivent avoir une vaste connaissance, qui fait défaut du fait qu'en général, ce sont des animaux sur lesquels on ne s'acharne pas vraiment, et on laisse plutôt mourir, les maitres préférant ne pas dépenser des masses car ce sont des "petits animaux pas chers". Ils ont été surpris, et contents, par exemple, quand j'ai demandé la pose de broches sur sa patte cassée: ils y étaient allés très prudemment dans cette suggestion car c'était cher. Visiblement, la plupart des maitres qu'ils connaissent auraient laissé la patte se ressouder toute seule sans aide.



C'est pourquoi la décision de l'euthanasie est très importante dans le timing: tant que l'animal se bat, moi je tente tout, même des trucs inhabituels ou très très nouveaux, car sans combat, la chance est nulle, avec un traitement, l'espoir est possible.

Le problème alors se pose du confort de vie tout de même, ça reste la limite:



Merlin (mon chat leucosique) a reçu un traitement à peine sorti de l'expérimental lors de sa première crise. Il y a parfaitement répondu.

Mon véto a tenu des tableaux de résultats très précis concernant ce traitement, pour le labo qui l'avait créée. La maladie avait si parfaitement reculé qu'il était devenu faux négatif. Le labo a payé pour moi une analyse génétique pour vérifier ce faux.

Merlin a donc contribué à faire avancer la connaissance sur ce traitement. Il ne s'agissait que de 5 piqures à faire en une semaine, sa valait la peine pour lui comme pour la science. Sans ces piqures, il mourrait dans les semaines qui suivaient avec une certitude absolue.



Lors de sa deuxième crise, on n'est pas arrivé à le faire remonter. On aurait pu éventuellement le soulager des maladies opportunes qui se déclaraient successivement sur la fin, mais au moyen d'examens invasifs douloureux, sans certitude de diagnostic. On s'est donc arrêtés là, et on a juste attendu, en le soulageant au maximum, qu'il cesse aussi de se battre, ce qui n'a vraiment pas trainé car de fait, la leucose avait gagné.



Tout cela s'est fait en parfaite confiance avec les vétos, au moyen de longues discussions, et au moyen pour moi de longues recherches sur internet. Dans cette triste aventure, ils ont appris beaucoup de choses, mais toujours dans l'intérêt de mon animal.

Peut être qu'un autre véto l'aurait sauvé de sa deuxième crise, peut être pas, je n'ai jamais regretté ma confiance en eux.



sur les NACS, c'est très difficile d'accorder cette confiance, beaucoup plus je trouve, du fait du flou de la connaissance, et des outils appropriés à leur taille.

J'ai eut plus de doute sur le traitement vis à vis de ma ratte Capucine, et j'ai eut un peu d'amertume envers eux. Je n'ai pas eut la sensation qu'on a vraiment agis au mieux. Mais je sais aussi qu'ils ont toujours été clairs qu'ils ne s'y connaissaient pas énormément, qu'ils n'étaient pas équipés. On a fait de notre mieux, et c'est très important, comme l'a souligné Gribouille. Parfois, on ne peut juste pas faire grand chose, et c'est pour le moment encore plus vrai pour les NACS.
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Re: Euthanasie, soins palliatifs, deuil

Messagepar Swallikorn » 09 Mar 2010, 13:18

Entièrement d'accord avec ce qui a été dit :)

Pour toto : faut vraiment pas avoir honte, ce post est là justement pour partager ce genre de pensée... Et j'ai souvent remarqué que parler, poser ces idées sur le papiers (ou à défaut un écran) ça aide beaucoup à prendre du recul et avancer sur le chemin du deuil :lov11:

Pour en revenir aux soins palliatifs, il ne faut pas oublier leur définition :

"Les soins palliatifs comprennent tous les traitements médicaux, les soins physiques, le soutien psychologique, social et spirituel, destinés aux malades souffrant d’une affection évolutive non guérissable. Son but est de soulager la souffrance, les symptômes, d’assurer le confort et la qualité de vie du malade et de ses proches."

Donc le fait de donner des anti-inflammatoires à un chien qui souffre d'arthrose est déjà un soin palliatif car la maladie ne se guérit pas (à moins de lui mettre une hanche artificielle, mais ça c'est une autre affaire). Ce n'est pas pour autant qu'on va parler d'euthanasie car on peut encore lui assurer une bonne qualité de vie.

Pour moi, il y a quand même des limites à ne pas dépasser, principalement au niveau de la douleur. C'est LE grand symptôme limitant de ces thérapies à mon avis. Car il arrive souvent un moment où la douleur est telle qu'il faut vraiment "shooter" l'animal pour lui éviter des souffrances. Et là, l'animal est déjà ailleurs.

Si la maladie est déjà à un stade avancé et ne laisse plus d'espoir pour l'animal, je pense qu'il est plus charitable de l'aider à s'en aller plutôt qu'essayer de le maintenir en vie jusqu'à la fin à coup d'anti-douleurs et de sédatifs...

Mais bien sûr, c'est une grande question de savoir jusqu'où on peut aller éthiquement dans les soins... Et la réponse n'est pas partout la même suivant les cultures, les religions....
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Re: Euthanasie, soins palliatifs, deuil

Messagepar Swallikorn » 09 Mar 2010, 13:21

Et encore pour en revenir à ce qu'à dit Christine, je suis tout à fait pour l'autopsie dans la mesure du possible... Ca permet la plupart du temps de trouver la cause du décès (ce qui permet au propriétaire de mieux faire son deuil) et ça fait aussi avancer la science vétérinaire, ce qui n'est pas négligeable !
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Re: Euthanasie, soins palliatifs, deuil

Messagepar Pascalou » 09 Mar 2010, 14:17

Swallikorn a écrit:Et encore pour en revenir à ce qu'à dit Christine, je suis tout à fait pour l'autopsie dans la mesure du possible... Ca permet la plupart du temps de trouver la cause du décès (ce qui permet au propriétaire de mieux faire son deuil) et ça fait aussi avancer la science vétérinaire, ce qui n'est pas négligeable !


Encore faut-il trouver un vétérinaire qu'il veuille la faire !
Je voulais autopsier une de mes ci mais aucun vétérinaire n'a voulu le faire sur Montpellier et environ.
En plus, je suis tombée sur un vétérinaire, à EDIT. qui m'a dit que cela ne servirait rien de pratiquer une autopsie, que j'étais responsable de l'épidémie, que mes ci avaient une mauvaise alimentation, qu'on ne donnait pas d'antibiotique pour cette maladie.
Il m'a dit de supprimer les granulés, les légumes et les mettre au foin, puis il m'a raccroché au nez. J'aurais suivis ses conseils, mes petites cochons d'inde seraient toutes mortes, heureusement que les vétérinaires de Toulouse m'ont bien soutenu dans cette dure épreuve.
L'autopsie ne m'aurait pas aider à faire mon deuil mais elle aurait aider à sauver mes autres cochons d'inde.
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Re: Euthanasie, soins palliatifs, deuil

Messagepar Gribouille » 09 Mar 2010, 14:35

Tu sais, Pascalou, dans les cas d'entérotoxémie, j'ai l'impression que les autopsies ne sont malheureusement pas toujours très utiles. Il n'y a pas toujours de lésions apparentes en dehors de l'intestin... et encore, il n'y en a pas toujours. Si c'est juste pour constater que l'intestin est hyper dilaté et plein de liquide et de gaz, ça ne donne pas nécessairement beaucoup d'info au véto. Et pour les prélèvements, d'après ce que m'ont dit les vétos et ce que j'ai pu lire par ailleurs, il faut faire ça dans un délai très court après le décès (4h maximum, je crois). J'ai depuis appris que les élevages industriels de lapins atteints envoyaient souvent des lapins vivants qui sont abattus spécialement pour réaliser ces prélèvements. J'ai fait autopsier Thalia (c'est le véto de garde qui l'a fait; je pense que mon véto aurait refusé car il savait que c'était inutile) et ça n'a servi à rien.

Il ne faut donc pas nécessairement trop regretter...
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Re: Euthanasie, soins palliatifs, deuil

Messagepar Pascalou » 09 Mar 2010, 14:52

Je ne regrette pas l'autopsie sur Cerise. Je savais que j'avais quatre heures de temps. Après je me suis dit elle n'a pas été ouverte et j'ai pu l'enterrer son corps intact. Mais c'est le comportement du vétérinaire que je cite dans mon message qui m'a fait mal, me rendre responsable des décès de mes animaux m'avait anéanti, je suis très sensible et en plus je faisais ce que je pouvais pour les sauver.
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Re: Euthanasie, soins palliatifs, deuil

Messagepar li-lou » 09 Mar 2010, 16:35

Mon modeste témoignage :





Je suis passée par là trois fois sur quatre : pour notre chienne Hera, 14 ou 15 ans, notre Fanny, lapine de 6 ans et notre Li-lou, hélas, deux ans seulement et je dois dire que c'est un très mauvais moment mais c'est aussi une chance de pouvoir offrir cette possibilité à l'animal que l'on aime. J'ai toujours considéré l'euthanasie comme un acte d'amour et mon homme aussi...jamais nous n'avons regretté notre décision...pour li-lou nous avons cependant, vu son âge, demandé une autopsie pour confirmation.

L'essentiel est d'accompagner l'animal jusqu'au bout pour qu'il ne se sente pas abandonné. Chaque fois, mes petits amours se sont endormis sous mes caresses et c'est ça l'essentiel...
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Re: Euthanasie, soins palliatifs, deuil

Messagepar Elioth » 10 Mar 2010, 01:33

Je suis de l'avis de Swalli concernant la douleur. Je ne veux pas voir mes animaux souffrir.


Si un traitement est douloureux et qu'il donne de bonnes chances à l'animal, oui, il y a des antidouleurs pour ça, je tente, tant que mon animal semble vouloir se battre. Mais je ne suis pas pour l'acharnement à très long terme.



Je me fie à mon instinct, mon feeling, j'essai de comprendre comment mon animal se sent pour l'aider du mieux que je peux. Je n'ai pas eu de regrets face à mes décisions, quand j'ai due en prendre. J'ai la chance d'avoir un bon veto qui me soutien et qui me conseille.



Je pense que le choix du veto est d'une très grande importance. Quand on est en confiance, quand on sait que le veto veut aussi le mieux pour notre animal, on se sent épauler dans notre décision de se battre ou de passer à une décision difficile pour le bien être de notre animal.

J'ai toujours penser à mes animaux avant moi lors d'une telle décision. Je n'aime pas penser qu'égoistement je l'aurait fait 'survivre' plus longtemps parce que je le voulait près de moi. C'est son bien être en 1er pour moi.



L'euthanasie, la mort, c'est toujours difficile. Elle survient toujours quand ce n'est pas le temps. On est jamais prêt à l'affronter. Mais ça fait partie de l'aventure quand on adopte des animaux. Il faut l'accepter....on a pas le choix...
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Re: Euthanasie, soins palliatifs, deuil

Messagepar griotte » 10 Mar 2010, 09:23

Je n'ai jamais jusqu'ici été confrontée à la question de l'euthanasie.


Mon chat de 19 ans, hospitalisé lorsque ses reins se sont arrêtés de fonctionner, placé sous perf et sous anti-douleur, s'est endormi tout doucement le 2ème jour. Le vétérinaire nous a dit que le seul traitement était la dialyse, que c'était lourd, et qu'à son âge il valait mieux le laisser tranquille et faire simplement en sorte qu'il ne souffre pas et qu'il s'endorme tranquillement - ce qui s'est produit.

Il y a bien longtemps de cela, je me dis aujourd'hui que peut-être il n'a pas voulu nous brusquer en nous proposant une euthanasie pure et simple. Du moins n'a t-il pas souffert et il avait vécu une longue et belle vie , ce qui m'a aidée à accepter son départ - bien que, s'il faut tout dire, tant d'années après, je pense toujours à lui - nous avions une telle complicité , j'ai grandi avec lui ...



Ma belle Cerise (mon avatar) elle, elle est partie sans prévenir. Elle avait 7 ou 8 ans, cela faisait deux ans qu'elle vivait avec nous. Elle était passée avec nous d'une cage de 57 cm à la liberté totale, et nous, nous avions tout appris avec elle. Elle avait une (très) forte personnalité, elle participait à tout, elle nous a révélé (à nous qui ne connaissions strictement rien aux lapins) toute la richesse d'une relation magnifique.



Elle accourait toujours nous accueillir lorsque nous arrivions ; ce jour-là lorsque je suis rentrée du travail , elle n'est pas venue , je l'ai cherchée ... elle était là, couchée sur un plaid sur un coffre qu'elle aimait bien, toute tranquille, toute morte ... Pour le vétérinaire, elle a eu un arrêt cardiaque massif. (nous n'avons pas fait faire d'autopsie, c'est une conjecture).

C'était un choc. C'était trop tôt, on n'y croyait pas , notre Cerise que mon mari avait vue une heure auparavant vaquer à ses affaires en pleine forme ...



Je crois que c'est ce choc même qui a fait que j'ai voulu très vite reprendre un autre lapin : notre histoiire n'était pas finie, elle nous avait fait découvrir tant de choses, tout cela ne pouvait pas rester comme ça, arrêté brutalement, nous avions tant à partager encore ... tout ce qu'elle nous avait donné, il fallait que cela continue à vivre ...



Ma façon à moi de faire mon deuil a été cela : faire vivre ce qu'elle nous avait donné. C'était un besoin, recueillir un autre lapin à aimer, à regarder vivre. Mon mari a eu plus de mal je crois, elle lui manque toujours, bien qu'il adore Bruyère et Luigi.



On n'oublie pas, l'amour partagé s'ouvre encore plus et se multiplie.
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Re: Euthanasie, soins palliatifs, deuil

Messagepar Charrch » 10 Mar 2010, 09:47

C'est fou comme chacun réagit différemment par rapport aux autres, et aussi par rapport à soi au cours du temps:


Le premier chat que j'ai perdu (on a dû l'euthanasier, elle avait de graves problèmes de santé dû à la vieillesse) ça a été un choc pour moi, et j'avais interdit à ma famille de reprendre un autre chat.



Le deuxième chat que j'ai perdu, contre-choc, car du coup, il ne nous restait plus que ma minette, j'ai eut comme la sensation qu'elle était menacée du fait d'être la suivante sur la liste, du coup, on a filé à la SPA récupérer un autre minou.



Depuis, chaque animal que j'ai perdu, je filais immédiatement en refuge. C'était ma façon de donner un sens à sa mort: offrir une belle vie à un autre malheureux, puisque la "place" était "vacante". Je trouvais ça si dur d'avoir une place dans le foyer, et qu'un animal malheureux ne puisse en profiter.



Et puis là, re-choc avec Atilla, avec re-refus de reprendre un animal, de peur d'affronter encore un décès. D'ailleurs, quand je pense à mes animaux, je compte aussi les décès qu'il me reste à affronter (enfin pas que hein, mais c'est là, tapi dans mon esprit).



Comme quoi, non seulement chacun réagit à sa manière, mais la manière qu'on a peut aussi évoluer au fil du temps à 180°.
***
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